mercredi, 30 août 2006
Rencontre de Nicole avec Jackie BAYARD
EN Juin 2003 Notre amie Nicole avait l'occasion de rencontrer l'une des premières compositrices de notre ami Serge LAMA.
Voici le témoignage de cette rencontre avec en prime deux textes inédit que lui avait à l'époque offert cette très gentille dame.
JACKIE BAYARD
Imaginons que Laurent, dans sa rubrique « détendons-nous » nous demande de citer le nom de la personne qui a écrit la musique de « A 15 ans », nous serions peu nombreux je pense à le savoir …à moins d’aller vite regarder dans la discographie de … 1964 ! Et là, nous pourrions lire de nom de Jackie Bayard.
Le hasard de la vie a mis Jackie Bayard sur mon chemin, et je suis allée à sa rencontre ce vendredi 13 juin. Elle habite Bourgoin-Jallieu, dans une jolie petite maison qui lui ressemble : accueillante, discrète, et chaleureuse.
Nous avons parlé longuement de … Serge Lama, bien sûr ! Elle l’a rencontré il y a 40 ans !! Il venait de terminer son service militaire, avait déjà la pleine valise de textes et cherchait quelqu’un pour les mettre en musique.
Jackie Bayard est professeur de piano (elle donne encore des cours aujourd’hui pour le plaisir), et c’est Renée Lebas qui lui parle de Serge, et organise la rencontre. Elle se souvient avoir accompagné Serge au Petit Conservatoire de la Chanson où çà ne s’est pas très bien passé pour lui …
Serge n’était pas très fortuné à l’époque, et venait très souvent chez Jackie, pour travailler, mais aussi pour casser la croûte ! Jackie lui joue au piano quelques notes, qu’elle rejoue inlassablement, et Serge écrira le texte de « A 15 ans » de cette façon. C’est elle aussi qui écrira « En 40 », « En ce temps-là » et « le sermon » qui a été enregistrée dernièrement sur l’album « Symphonique » sorti en 1998 (enregistré à l’Olympia les 6 et7 novembre 1998).
Jackie aurait bien aimé écrire d’autres chansons pour Serge, mais la vie en décide parfois autrement : elle a deux enfants à élever, ne peut donc pas partir sur les routes, et puis Serge a son accident, rencontre Yves Gilbert … et on connaît la suite . Jackie a continué à écrire des chansons toute sa vie pour de très nombreux artistes qui n’ont pas eu malheureusement la carrière de Serge Lama (dommage pour les droits d’auteur !!).
Elle a suivi la carrière de Serge pendant toutes ces années : « Il était convaincu de réussir depuis le début , et même après l’accident rien ne pouvait l’empêcher d’aller jusqu’au bout. Je suis allée le voir chez Marcel Gobineau pendant sa convalescence, et il y croyait encore , n’avait aucune hésitation sur son statut de vedette . Je ne suis pas allée le voir au théâtre, et je n’ai pas trop aimé la série télé « Garde à vue ». Pas fan non plus de « Napoléon ».
Aujourd’hui, Jackie va voir Serge quand il passe dans la région. « Il n’a pas changé » me dit-elle, « toujours aussi adorable ». Je lui ai demandé si, comme il le dit dans « Les ballons rouges » Serge « a fait ce qu’il a voulu », elle me répond sans hésiter : « oui, je crois ». Simone Marouani a fait appel à sa mémoire, et lui a demandé de parler de Serge dans l’émission « Recto-Verso » animée par Paul Amar, diffusée récemment sur la 5.
Elle me montrera des documents exceptionnels, tels que le premier programme de Serge en 1964 pour un gala que Jackie avait organisé, ainsi qu’une carte de vœux que Serge lui a envoyé pour la nouvelle année …1965 ! Et pour finir avec la nostalgie, elle a bien voulu me confier deux chansons complètement inédites, déposées à la SACEM mais jamais enregistrées par Serge : « Les gitanes » et « C’est pas souvent ».
Je vous les confie, on reconnaît le style de Serge de cette époque : écorché vif, et malheureux en amour … déjà !!
Quant à moi, je lui ai remis quelques cartonnets avec l’adresse du site qu’elle distribuera autour d’elle. Elle ne connaissait que le site officiel, elle aura maintenant une bonne adresse pour rencontrer des fidèles, comme elle l’a été pendant toutes ces années, de Serge LAMA.
Nicole REYNAUD
Juin 2003
LES GITANES
Quand les gitanes font des miracles sur l’onde
Quand les gitanes font des sourires aux oiseaux
Elles nous laissent au cœur une angoisse profonde
Elles nous laissent au cœur un appel de bateau
Sous les grands chapiteaux
Leurs gestes se maquillent
De fards et d’oripeaux
De musique et de voix
Sous les grands chapiteaux
Où se masquent les filles
Au centre des drapeaux
Se lèvent comme un mât
Et les gitanes font des miracles sur l’onde
Et les gitanes font des sourires aux oiseaux
Elles nous laissent au cœur une angoisse profonde
Elles nous laissent au cœur un appel de bateau
Sous les grands chapiteaux
Leurs gestes se gaspillent
Sans fard sans oripeau
Sans musique et sans voix
Sous les grands chapiteaux
Plus seules que des filles
Au centre des drapeaux
Mais quant le jour viendra
Les gitanes iront dans leur pauvre costume
Les gitanes iront se jeter dans le noir
En nous laissant au cœur une angoisse une brume
En nous laissant au cœur un appel de guitare
Un appel de guitare …
Paroles de Serge LAMA
Musique de Jackie BAYARD
C’EST PAS SOUVENT
C’est pas souvent que tu me dis
Que tu m’aimes c’est pas souvent
C’est pas souvent que tu m’écris
Que tu m’aimes c’est pas souvent
Depuis le temps j’aurai bien dû
M’y habituer depuis le temps
Depuis le temps j’aurai bien dû
M’y résigner depuis le temps
C’est pas souvent que tu me fais
Des nuits d’amour c’est pas souvent
C’est pas souvent que tu me fais
Voir le grand jour c’est pas souvent
Depuis le temps j’aurai bien dû
Changer de toi depuis le temps
Depuis le temps j’aurai bien dû
Vivre sans toi depuis le temps
Mais à vingt ans on ne sait pas
Mais à vingt ans on ne peut pas
Car à vingt ans ce que l’on croit
Cà compte peu çà compte pas
Après vingt ans on ne peut plus
Après vingt ans on ne peut pas
Après vingt ans on n’ose pas
Changer d’amour changer de toi
C’est bien souvent que je te dis
Que je t’aime c’est bien souvent
C’est trop souvent que je t’écris
Que je t’aime c’est si souvent
Depuis le temps t’aurais bien pu
Cesser ce jeu depuis le temps
Depuis le temps t’aurais bien pu
M’aimer un peu depuis le temps
Que je t’attends ……
Paroles de Serge LAMA
Musique de Jackie BAYARD
00:05 Publié dans Compositeurs préférés de Serge LAMA | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : serge lama, chanson française
dimanche, 18 décembre 2005
Alice DONA
Article paru sur le site de la SACEM le 12/08/2003
"Tu écris comme un mec, c'est puissant, c'est musclé. Bravo! Une vraie musique de mec!": lorsqu'en 1969, Pierre Delanoë fait ce "compliment définitif" à Alice Dona à propos de leur chanson "C'est de l'eau, c'est du vent" pour Claude François, il souligne autant le caractère énergique de la future "Nana 77" que la difficulté pour une femme à jouer en mixte dans le show-business d'alors. Il faut dire que l'ex-idole des sixties, à peine majeure et tout juste sortie de ses succès d'adolescente, s'est payé le luxe de faire remanier son texte au parolier numéro un de l'époque: décidément, il y a des filles qui en ont! Quoi de plus normal que l'ex-interprète des "Garçons" (1963) soit ensuite devenue la moitié musicale de deux auteurs hors pair, Claude Lemesle (chansons pour Serge Reggiani, Dalida, Joe Dassin, Carlos...) et Serge Lama, dont elle composera paradoxalement... "les musiques les plus viriles" ("Je suis malade", "Chez moi", "L' Algérie", "Femme femme femme", "Messieurs", "Tous les Auf Wiedersehen", "Les ports de l'Atlantique" "La vie-lilas"...), constituant avec eux des équipes plus solides que des couples, métier rimant parfois bien avec amitié.
| En contrepartie, les deux paroliers écriront pour elle "des textes de femme qu'ils n'auraient jamais osé chanter eux-mêmes", et la feront même remonter sur scène. Car Alice, qui a plus d'une corde à son clavier, va conjuguer heureusement ses différentes carrières - chanteuse, compositeur, puis compositeur-interprète, animatrice radio-TV, formatrice, présidente de la Commission des Variétés et aujourd'hui programmatrice de Bobino -, et son "métier de femme", avec néanmoins le constat lucide qu'elle "aurait peut-être pu devenir une énorme vedette si elle s'était laissée faire", ou si, comme certaines consœurs, elle avait sacrifié la femme à l'artiste, renoncé pour son public à une vie de famille ou de couple: "Mais je n'aurais pas été heureuse", précise-t-elle. Qu'à cela ne tienne: en devenant "celle qui est derrière" (cf. "L'antistar"), la demoiselle de Taverny qui rêvait d'être un Bécaud en jupons ("A 14 ans, j'ai entendu "Le jour où la pluie viendra" et je me suis dit que je voulais faire ça") a écrit quelques pages d'or de la chanson française, et pas encore chanté son dernier mot, puisqu'elle nous prépare un album grave "de femme de cinquante ans", sans complexes ni lifting. | ||
Au commencement était la femme, en l'occurrence Mireille qui lui "apprit la patience en la faisant attendre six mois son premier passage télévisé". Belle leçon de métier, à une époque où les idoles, telles des étoiles filantes, étaient aussi sûrement balayées par le vent que les plages de quarante-cinq tours en fin d'été, où l'on se faisait un prénom avant même que de se faire un nom et où les apprenties vedettes encore mineures envoyaient à leurs parents des cartes postales de tournée, comme d'autres de vacances, mais devaient rentrer avant minuit, une fois revenues à la maison (sic). Pour Alice, souvenirs d'une première vie partagée entre les disques Pathé-Marconi ("Demain, j'ai 17 ans", "Le petit train de banlieue", "Les garçons", "Le noël des copains"-1963), les tournées, les rencontres (Jean-Claude Vannier, Claude Lemesle), et ponctuée par un mariage avec... un Célibataire (groupe vocal de l'époque) devenu ensuite éditeur (Plein Soleil), Bernard Ricci. | ||
| A cette époque, vie de femme et vie d'artiste se confondent allégrement, et on la voit aussi bien en robe de mariée au Palmarès des Chansons le jour de son mariage, à Bobino pendant ses noces que, deux ans plus tard, enceinte sur scène en tournée dans le Sud-Ouest ("Jamais bébé ne s'est fait plus discret que le mien! Il n'avait pas le choix puisque c'est sa mère qui bougeait pour deux"- "La vie à l'envers", Ed. Michel Lafon). Mais déjà, le yé-yé s'estompe en même temps qu'arrive l'âge adulte (21 ans!), et qu'à l'orée d'une nouvelle génération, se fait le tri cruel entre les destins éphémères (que de Chantal, Claudine, Christine, Anne-Marie, Jocelyne, Dany, Tiny, Sophie, Jacky disparaissent alors...) et les carrières: Françoise, Sylvie, Sheila... Mettant à profit sa maternité, Alice marque alors une pause, et amorce un délicat virage de carrière: "J'étais devenue une femme et je n'avais plus envie de sautiller sur scène en chantant des petites chansons d'adolescente. Le fait d'avoir un enfant, un mari, un appartement me donnait envie de parler d'autre chose, comme si j'avais pris dix années en une seule et que les années 60 soient soudain très loin. D'autant plus que mes modèles étaient Bécaud, Aznavour, Piaf, Aretha Franklin, et auparavant les grands du Châtelet: Georges Guétary, Luis Mariano, Annie Cordy
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08:45 Publié dans Compositeurs préférés de Serge LAMA | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Serge Lama









Au commencement était la femme, en l'occurrence Mireille qui lui "apprit la patience en la faisant attendre six mois son premier passage télévisé". Belle leçon de métier, à une époque où les idoles, telles des étoiles filantes, étaient aussi sûrement balayées par le vent que les plages de quarante-cinq tours en fin d'été, où l'on se faisait un prénom avant même que de se faire un nom et où les apprenties vedettes encore mineures envoyaient à leurs parents des cartes postales de tournée, comme d'autres de vacances, mais devaient rentrer avant minuit, une fois revenues à la maison (sic). Pour Alice, souvenirs d'une première vie partagée entre les disques Pathé-Marconi ("Demain, j'ai 17 ans", "Le petit train de banlieue", "Les garçons", "Le noël des copains"-1963), les tournées, les rencontres (Jean-Claude Vannier, Claude Lemesle), et ponctuée par un mariage avec... un Célibataire (groupe vocal de l'époque) devenu ensuite éditeur (Plein Soleil), Bernard Ricci.
A tel point qu'un été où il était en tournée et moi en vacances, et où il nous fallait impérativement deux chansons pour la rentrée, on s'est envoyé des cassettes de notre vie quotidienne pour se mettre dans l'ambiance: il me parlait depuis un restaurant au bord de la mer, me racontait sa vie, et après seulement, tout au bout de la cassette, il me lisait -sans me l'envoyer par écrit -son texte de chanson, exactement comme s'il avait été là. Et j'écoutais tout, sans tricher. Et moi, je lui renvoyais ma musique enregistrée de la même manière, avec d'abord plein de réflexions, de commentaires sur ce que je vivais. Nous avons écrit de cette façon "L'Algérie"- pour laquelle il ne m'avait donné qu'un couplet-refrain -et "Le roi du café tabac".
Car les chansons créent entre leurs protagonistes des liens secrets, intimes qui, par-delà les obligations légales et la durée de la protection juridique, constituent autant de repères, de codes ou de correspondances dans une vie d'auteur, de petits rendez-vous qui attendent parfois longtemps leur heure: "Pour faire un album, Lama écrivait 50 chansons avec moi, autant avec Yves Gilbert, pour en garder 25 de chaque, puis 10/12 en tout! Il est même arrivé qu'on fasse chacun une musique sur un même texte (cf. "Je te partage"). Et moi, je ne déchirais rien. Alors on ressortait parfois de nos tiroirs des phrases mélodiques, des débuts de textes comme "Les amitiés particulières", ou "Je me sens tout petit devant les filles". Des sujets un peu délicats qu'on avait mis de côté. Ces chansons-là existent, mais il leur manque quelque chose. Je dois en avoir une cinquantaine comme ça dans mes placards. "Je suis malade" n'est sortie qu'un an et demi après avoir été écrite, parce que Sardou venait de chanter "La maladie d'amour".